Carnet de Chantier Confiné 10 – Réemploi et terre crue

Visioconférence confinée du 5 mai 2020, 11h00

Une visioconférence présentée par l’équipe de La Petite Fabrique accompagnée de Camille Muret et Rachel Jozefowicz de l’atelier R-Are, et de Frédérique Jonnard et Eugénie N’Diaye des Bâtisseuses et Terra Mano.

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QUESTIONS/RÉPONSES avec Camille Muret et Rachel Jozefowicz de l’Atelier R-Are et Frédérique Jonnard et Eugénie N’Diaye des Bâtisseuses ™ et Terramano™

SUJET TERRE CRUE
Combien de briques ont été fabriquées et combien de temps a-t-il été nécessaire ? Quelle est la dimension des briques d’adobe du chantier ? Leur poids ?
800 briques de 15 x 31 x 7 cm de haut ont été fabriquées pour être maçonnées en panneresse (mur) ou mur double (panneresse et boutisse), des éléments classiques de la construction terre. Les briques adobe ont une densité de 1400 kg/m3. Le temps de séchage est très variable, suivant les conditions (chaleur, humidité relative), il faut une bonne aération. Pour le chantier, il a fallu une semaine après la fabrication pour les manipuler et les mettre sur chant. Une autre semaine pour pouvoir les regrouper et une dernière semaine pour les mettre sur palette. Elles doivent absolument être à l’abri de l’eau durant le temps de séchage bien sûr, mais également après.

Avez-vous testé la portance de ces briques d’adobe ?
Comme on a vu sur la photo, on a pu expérimenter de manière empirique qu’une brique peut porter l’équivalent d’une personne. Il n’y a pas eu de test de résistance à la compression en laboratoire. On en a eu l’intention, mais il fallait faire plus de briques, car lors des tests une quarantaine de briques sont détruites. Durant la préparation, on a mélangé la terre, l’eau, le sable et les fibres et on avait sollicité nos collègues des laboratoires des matériaux, qui étaient disponibles. De plus, sur la portance, nous n’avions pas un enjeu très important, car le mur n’est pas porteur et il ne fait que 2m de haut.
Il a fallu surtout tester le plancher pour être sûr que le sol pouvait porter le mur.

Dans les projets que vous réalisez, est-ce que systématiquement vous récupérez la terre sur site ou vous rechercher des gisements ? Et à quelle distance ?
L’objectif est clair, utiliser la terre la plus proche du chantier. Comme on est en Île-de-France, il y a de nombreuses excavations avec les nombreux chantiers. La recherche a été facilitée par les relations et les contacts de la Ville de Paris, notamment avec Cycle Terre qui a permis d’obtenir la terre pour le projet.
Cycle Terre a été titulaire d’un appel à projet pour la ville de Sevran ; ils ont donc beaucoup de terre. Ainsi, on avait déjà les informations sur les caractéristiques de la terre. Heureusement, on a pu avoir un site de stockage. Grâce à la SEMAPA en interne à la Ville de Paris, on a pu avoir un hangar proche du chantier (500m²). Ce hangar va continuer à être un lieu d’expérimentation pour un magasin de réemploi accessible à tous.

Comment sont fixées les briques d’adobe ? Et comment cela se passe-t-il avec les gaines ?
Les fixations ce sont des chevilles et des vis classiques. La brique étant tendre, même une fois séchée, on les a taillées au droit des gaines pour qu’elles passent devant sans problème. De plus, les réparations sont très faciles, on fait un trou dans l’enduit où l’on doit enlever les briques nécessaires, on effectue la réparation nécessaire et ensuite on remet la matière, puis avec une éponge on retouche la finition. Il n’y a plus de trace après séchage.

SUJET REEMPLOI – BOIS DE FENÊTRES
>Est-ce que le marché de R&D a été intéressant et vous a aidées ?
Cela nous a beaucoup aidées, notamment pour avoir des interlocuteurs sur les sujets techniques. Au lieu d’être dans notre coin, on est en lien avec des acteurs investis. On a pu aussi avoir une meilleure connaissance sur le matériau et les outils nécessaires. Sans ce marché, nous n’aurions pas pu faire tout cela.
La Ville a identifié qu’il y avait un sujet récurrent au niveau des fenêtres qui sont changées chaque année par ici, notamment avec Paris Habitat. Notre finalité pour la Ville de Paris était de développer un exutoire pour ce déchet très présent. Le fait d’avoir un hangar disponible pour le stockage et le démantèlement était déterminant.

>Lorsque vous démantelez les fenêtres, que faites-vous du verre ?
Ce n’est pas un problème technique de remettre le verre plat dans le cycle de recyclage. Le verre plat se recycle très bien. Le problème pour nous était le volume, Saint-Gobain avec qui nous avons des échanges, ne voulait pas se déplacer pour des petits volumes. Nous avons donc recherché des projets pour réutiliser ces verres tels quels, mais cela reste des projets ponctuels.

>Allez-vous commercialiser ce type de table ?
On est plutôt sur du B to B, nous souhaitons répondre à des marchés, plutôt que de produire sur catalogue pour la commercialisation.

>Quelle est la technique utilisée pour assembler les bois de bout pour faire un plateau ?
On commence par démanteler la fenêtre, puis on recalibre les profils selon le dessin prévu, on colle les différents morceaux, on tranche le plateau obtenu en morceaux et enfin on colle les morceaux entre eux.

A retrouver ici en accès libre, les documents présentés lors de la visioconférence :

https://www.youtube.com/watch?v=hKU0RFzRGP0